LES DÉBUTS DE LA SEIGNEURIE PAPINEAU

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Louis-Joseph Papineau, quatrième du nom

Par Napoléon Bourassa

Photo : Archives Société historique Louis-Joseph-Papineau inc.

 

 

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Louis-Joseph Papineau

Daguerréotype, Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa (C-66899)

Samuel de Champlain [1570-1635] cartographe, explorateur et gouverneur de la Nouvelle-France visita la région de Montebello qu’il décrit comme «giboyeuse et recouverte de beaux arbres». En 1674, la Compagnie des Indes occidentales concède à l’évêque de Québec, Monseigneur de Laval, une seigneurie sise le long de la rivière des Outaouais, un territoire de 5 lieues de front [25 km] sur 5 lieues de profond, un espace qui demeurera inoccupé très longtemps. En effet, ce n’est que plus de 130 ans plus tard, vers 1809, que Joseph Papineau achète la Seigneurie et décide de la développer.

 

C’est alors que le développement de la Seigneurie commença quelques années plus tard sous la direction de Denis-Benjamin Papineau [1789-1854]. Il remplit de 1808 à 1845 la fonction d’agent seigneurial à la Petite-Nation. Il s’occupa principalement de peuplement et d’exploitation forestière. Ils seront plus de mille cinq cents en 1846, lorsque Louis-Joseph Papineau, de retour d’exil, entreprendra la construction du manoir seigneurial.

 

Le 29 août 1878 la reine Victoria a proclamé la séparation de la Paroisse de Notre-Dame-de-Bonsecours et la formation d’une municipalité qui, dorénavant, portera le nom de Municipalité du Village de Montebello. C’est la concentration de population autour du manoir qui permet la fondation du village de Montebello.

 

Mais d’où vient le nom de Montebello? Il faut remonter dans le temps pour en comprendre sa genèse.

 

En 1674, la Compagnie des Indes occidentales concède à l’évêque de Québec, Monseigneur de Laval, une seigneurie sise le long de la rivière Outaouais, un territoire de 5 lieues de front (25 km) sur 5 lieues de profond, un espace qui demeurera inoccupé très longtemps. En effet, ce n’est que plus de 130 ans plus tard, en 1801, que Joseph Papineau achète du Séminaire de Québec, en compensation d’honoraires, une partie de la Seigneurie, soit la partie Ouest de 3 lieues de front sur 5 lieues de profondeur. Deux ans plus tard, en 1803, Papineau achète du Chapitre de Québec la partie Est de 2 lieues de front sur 5 lieues de profondeur. Il décide de développer la Seigneurie en y installant une vingtaine de colons.1 Ceux-ci vont d’abord exploiter la richesse forestière de ce territoire avant d’en développer tout le potentiel agricole. Plusieurs familles actuelles de la Petite-Nation trouvent leurs ancêtres chez ces premiers colons.

 

En 1817, le fils, Louis-Joseph Papineau, devenu Orateur de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, achète de son père la Seigneurie et la fait administrer par son frère Denis Benjamin. À son retour d’exil en 18451, Papineau s’installe sur ses terres et décide de construire son Manoir sur le Cap Bonsecours. Il réalise alors pleinement son titre de «Seigneur de la Petite-Nation».

 

Spontanément on peut penser que ce nom vient d’Italie comme l’écrit le dixième curé de Montebello, Monsignore Michel Chamberland [1865-1943] dans son «Histoire de Montebello 1815-1928»2 publiée en 1929.

 

Pour sa part Henri Bourassa [1868-1952] troisième maire de Montebello pendant quatre ans de 1890 à 1894 avait lui aussi sa théorie sur l'appellation de Montebello : «Je suis revenu ensuite à Monte-Bello. Et je demande aux journalistes d'écrire Monte-Bello en deux mots. Un abbé a soutenu qu'il fallait l'écrire en un seul mot parce que Louis-Joseph Papineau avait fait amitié avec le duc de Montebello et qu'il avait appelé le manoir en souvenir de ce personnage. C'était très ingénieux, mais c'était faux; Papineau a fait écrire Monte-Bello en deux mots pour que ce soit différent du nom du duc.»3

Cependant, plusieurs auteurs4 dont Robert Rumilly, Ruth L. White et Pierre Ippersiel arrivent à la même conclusion, à savoir que Louis-Joseph Papineau nomma le nouveau village Montebello en l’honneur d’un de ses amis de France, le duc de Montebello, fils d’un maréchal de France.

1 Michel Beaudry; Antoine-Alexis Brûlé; Dominique Charlebois, Jean-Baptiste et François Charlebois; Pierre Charron; Joseph Clément dit Larivière; Louis-Antoine et Edouard Couillard dit Dupuis; Pierre Demers; François-Xavier Fortin; Antoine Migneron; Jean-Baptiste Pépin; Pierre Pilon, Étienne, Charles et Jean-Baptiste Racicot; Louis Renaud dit Desmoulins; Joseph Birabin dit St-Denis; Jean-Baptiste Tétreault; Joseph Thomas dit Tranchemontagne. Source : «Les Défricheurs de la Petite-Nation», Société historique Louis-Joseph-Papineau inc. 

 

2 CHAMBERLAND, Michel. Histoire de Montebello1825-1928, Société historique Louis-Joseph-Papineau inc., Transcontinental Gagné, Louiseville, 2003, 370 pages. 

 

3 Cité dans «Hommage à Henri Bourassa», reproduit du numéro souvenir paru dans Le Devoir du 25 octobre 1952, page 37. Conférence au Le Plateau de Montréal le 13 octobre 1943. Cette information nous a été donnée par Claire Leblanc, membre de la Société historique Louis-Joseph-Papineau inc.

 

4 ALLARD, Yves Michel. Histoire de Montebello 1929-2003, Société historique Louis-Joseph-Papineau inc., Transcontinental Gagné, Louiseville, 2003, pages 4-9.

 

 

1 Après le soulèvement des Patriotes dont il était le chef.